Emaux de Briare
Lundi dernier, avec les Marie, on a toutes posé une RTT et on s’est entassées dans le carrosse de MHF qui nous a royalement emmené à Briare. Pour ceux qui ne savent où est Briare, ben va falloir chercher, parce que je n’ai pas regardé non plus
! C’est en bas de Paris, à une bonne heure de route on va dire ! Et pourquoi Briare ? Ben parce que là -bas, on trouve une ancestrale manufacture d’émaux qui, depuis plus de 150 ans, fabrique ces carrés de verre utilisés en mosaïque et qui ont rendu la ville célèbre. Les émaux, ils les vendent bien sûr. Et ce n’est pas gratuit. En revanche, les ratés, les invendus, les moches, ils les mettent à la poubelle. Une poubelle tellement grande qu’elle recouvre plusieurs buttes derrières l’usine, à l’air libre.
Le truc chouette, c’est qu’ils tolèrent qu’on vienne avec nos sacs récupérer tout ce qui nous fait plaisir. L’endroit n’est pas vraiment fléché, loin de là , mais on trouve forcément de sympathiques locaux pour nous guider !!
Suivez-moi en attendant, c’est le récit d’une belle journée qui vous donnera peut-être envie de vous y rendre à votre tour, qui sait… ?

 Quand je vous disais que ce n’est pas fléché, je n’exagère pas. La « décharge » est planquée dans les buissons derrière le pont. Le chemin sert surtout aux passants pour courir ou pédaler.

 Allez, je vous fais les présentations. Je vous parle souvent des Marie. Je les surnomme ainsi parce qu’elles ont toutes les trois un prénom composé où il a Marie dedans. Or, pour la grande dyslexique que je suis, c’est un beau bordel dans ma tête. Du coup, j’ai vite simplifié en parlant des « Marie ».
A gauche, vous pouvez dire bonjour à Marie-Hélène. C’est elle qui se cache derrière le blog MHF aux faux airs de chroniques de Télérama. Au milieu, tout sourire comme à son habitude, c’est Marie-Laure. Pas de blog mais une sacrée volonté pour nous traîner dans des spectacles hautement culturels (non, j’ai pas dit chiants :p ). Et à droite, c’est Anne-Marie (il est viscieux ce prénom là , le Marie est à la fin). Du coup, ça se termine souvent en Marie-golotte, Marie-couchetoilà , Marie-toioudivorce, Marie-bouldingue, ou Marie-Bernadette, tout simplement…
Et vous pouvez le voir, les trois sont le genre de nanas à avoir la banane à profusion :) ! Voilà . Dîtes coucou à mes cops
!

Continuons la visite. De l’autre côté du pont, on a rapidement la confirmation qu’on se dirige vers le bon endroit. Sur le petit sentier qui monte, des débris d’émaux s’éparpillent et se brisent sous nos pas. Dans l’histoire, c’est presque le plus dérangeant ça. Tu as toujours l’impression de casser des trésors !

En haut de la butte, voici le spectacle qui s’offre à nos yeux. C’est à la fois étrange, saisissant et… déceptif ! En tout cas pour moi. Je ne sais pas vous, mais quand on m’a parlé de cet endroit, j’imaginais un immense tas de carreaux de toutes les couleurs. Or là , clairement ce qui domine, c’est le blanc. Des millards de carreaux blancs.

 Mais on comprend vite qu’il y a des astuces. Déjà si on creuse un peu, on déterre rapidement des émaux de couleurs. On n’est pas tendance pop hein, mais déjà c’est mieux.

 Ensuite, on se rend compte qu’il y a des « coins », un peu comme les champignons. Certains endroits cachent des émaux de grandes tailles et d’autres des tout petits. Ce sont ces derniers qui nous intéressent.

Du coup, on installe notre campement à proximité de « sources » stratégiques. Nos fesses à même le sol, on remplit nos sacs en triant émaux par émaux.

LÃ , par exemple, il y a un filon pour ceux qui aiment le bleu.

 Voici un échantillon de ce qu’on trouve dans la décharge de Briare. Les émaux n’ont pas tous la même forme, la même épaisseur, la même couleur. Mais ils sont tous sales
! Faudra leur passer un coup de brosse avant utilisation.

 Une poignée de gris/noirs maintenant :

On tombe même sur des émaux hexagonaux à effet moucheté, plutôt sympa. Et je ne vous dis pas tous les boutons en céramique que j’ai ramené ! Un pot de confiture entier.

Je ne vais pas vous monter ma récolte entière mais j’en ai bien ramené 97 kilos. Enfin… non, pas vraiment. Même que mon mec vient de se fiche de ma pomme. Je remonte mon sac dans notre chambre où est planquée la balance et je le pose dessus. Et là je m’exclame : « waaaaaaou 97 kilos ». Cédric, sans décoller le nez de son ouvrage, réplique : « 9.7 plutôt, ou alors tu es capable de porter un gros mec d’une seule main »…
Gnia gnia gnia…
Reprenons. Comme on est des filles pragmatiques, on n’a pas oublié de se faire un bon restau. Pendant qu’elles optaient pour le saumon, moi je me suis régalée de mes escargots aux pleurottes, à en pleurer tellement c’était bon… Y a pas à dire, en province, on trouve de chouettes restaus (même si les tarifs sont assez parisiens…) !

Le dessert de deux Marie : le gâteau au chocolat maison, cuit à la demande.

MHF a préféré les figues roties et moi j’ai engloutie une crême brûlée immense et délicieuse !

Le shopping, c’était fait. La bouffe aussi. Il nous restait le culturel. Du coup, on est parties visiter l’église de Briare.
 
Forcément, vu sa situation géographique, cette église ne pouvait pas échapper à la mosaïque. Sur le devant, ça donne un bâtiment très coloré, qui change des devantures souvent monochromes des églises en France. Bon, ça fait un peu pharmacie leur déco quand même non, avec ces plantes médiciales ? En tout cas, c’est super bien fait. Je dis respect aux artistes pour leur patience et leur savoir faire !!

 A l’intérieur, une golden Marie nous a souhaité la bienvenue. C’est un peu kitch mais là encore c’est vraiment bien exécuté, plutôt gracieux même.

Au sol, on marche sur des heures et des heures de boulot. Impressionnant. Les morceaux d’email font 5 millimètres de largeur, pas tellement plus. Doit y en avoir des milliards.

Dans une petite niche, ils ont réalisé une fresque un peu plus contemporaine, très réaliste !

 Voilà . Trois Marie qui sortent de l’église. Fallait la prendre cette photo
.

Â
Hé les filles, quand vous voulez on recommence. J’ai envie de partir… à Barcelone !!
Et vous autres ? Vous aimez ce genre de délire ? Soit Briare, soit les RTT entre amis ?












INCROYABLE cet endroit!
Magique pour une bricoleuse!
Au final, « les Marie » et toi, qu’avez-vous fait de votre petite récolte?
Pour le moment, rien du tout !!
j’ai hâte!
Merci ciloubidouille… Je suis déjà allée à la décharge 2 fois, avec un égal bonheur; j’y passe plusieurs heures, je fais des allers-retours avec de petits sceaux (c’est lourd les tesselles !). J’organise une nouvelle virée en mai, et grâce à vos messages, j’ai espoir que la décharge soit toujours accessible. Un très grand MERCI !
PS: c’est étonnant comme beaucoup de gens connaissent ce bon plan !
PS bis : je fais de la mosaïque depuis quelques années, en m’aidant de livres. C’est facile, un peu long, mais très gratifiant ! Alors, lancez vous !!
Trop fort… Et vous savez quoi ? Moi j’habite à 20mn de Briare…. On s’organise une sortie ensemble la prochaine fois ?
))))
Bonjour à tous,
Très bien votre reportage sur la décharge des Emaux. Je connais l’endroit et vous en faites une très bonne description avec de belle images.
Je vous mets en lien sur mon site Radio BLC Ã la page Briare.
Cordialement le Webmaster de Radio BLC
Jean-Jacques Baudet
Bonjour Cilou, j’ai fait une halte à Briare pendant les vacances, et j’ai bien suivi tes indications jusqu’à l’antre merveilleuse des ces émaux… les enfants étaient ravies, on a ramassé 19kg. Merci pour l’info.
magnifique cet endroit.
je suis allée 2 jours la semaine dernière et j’ai ramassé 110 kg. le retour est fastidieux car maintenant j’ai commencé à les nettoyer!!!!! mais cela vaut vraiment le coup.
j’habite en bretagne et je suis allée conduire ma fille à Blois , j’ai donc profité de la distance moins importante de Blois à Briare (120km quand mème)que de la Bretagne à Briare.
pour les bricoleuses ça vaut vraiment le coup, et en plus c’est une très belle ville
en tout cas merci pour le tuyaux car j’ai trouvé par hasard votre discution sur internet
Bonjour,
Extraordinaire cette visite guidée. Tout mes compliments et merci de nous faire partager ces moments. Par contre, j’ai ouie dire il y a deux semaines, qu’il y aurait des vigiles depuis le mois d’août pour empêcher le ramassage des emaux… alors que primevère y est allée en septembre et n’en parle pas, bien au contraire puisqu’ils ont eu une bonne récolte.
Pourait-on m’éclaircir sur le sujet.
Merci et à bientôt
Génial cet endroit pour une patouilleuse comme moi. J’avais l’impression de partir à la chasse au trésor… et c’en est un …..Je me souviendrai longtemps du tintement de mes pas sur la colline aux émaux ! et des invectives entre chercheurs : vous avez trouvé du rouge ? pour les petites tesselles, allez par là ! en plus les bords de la Loire en cette saison sont magnifiques. Les couleurs des arbres, de l’eau. Mon oeil électronique a frissonné de plaisir vraiment.
Votre site reflète bien l’endroit.
J’y reviendrai