MR 73 - Ciloubidouille

MR 73

Vous n’étiez pas au courant mais dans mes bonnes résolutions 2008, il y avait “aller plus souvent au cinéma”. Je ne m’y tiens pas trop mal, même si ce n’est pas encore ça. Par bonheur, j’ai la chance d’avoir des amis généreux et inspirés ! Figurez-vous que Pingoo m’a invitée mercredi soit à une avant-première assez singulière.

Pourquoi singulière ? Ben parce que la petite salle privée était remplie de bloggeurs et que personne n’avait le moindre indice sur le film qui allait être projeté. On avait tous accepté de venir à l’aveuglette, pour le plaisir de visionner un film sans aucun apriori… Ca m’a rapellé ma jeunesse où je prennais un billet pour le premier film qui passait à l’horaire du moment. 🙂

Je vais donc vous raconter ma soirée, ça vous changera des bidouilles :). Je vous donne une première piste… Le film mystère a été réalisé par celui qui a fait 36 quai des Orfèvres.

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Déjà, je me suis rendue chez Gaumont en compagnie de ma petite soeur. Autant vous dire, on a bien rigolé. Le ciné aurait pu être une nullité sans fond, on avait devant nous une tonne de bonne humeur en réserve ! Et comme je suis retrouvée assise à côté de la femme de Pingoo, celle qui tient la maison d’édition jeunesse Diantre !, ben ça n’a pas arrangé les choses niveau fou rire… :D. On n’a pas été les plus sages…

C’est donc tout sourire qu’on s’est plongé dans le noir de la salle… Et le noir a continué de nous envahir… Oui, car MR 73, c’est le titre du film (et le nom d’une arme à feu au passage), est un polar noir… Pas glauque, pas morbide, pas étouffant… il jette juste un oeil du côté sombre de notre humanité. Flic ou méchant, tout le monde traine son lot de tristesse et d’incompréhension.

 

L’histoire est celle de Louis, joué par Daniel Auteuil, un flic qui enquête sur un serial killer. Il est paumé le Louis. Sa fille est morte dans un accident de voiture et sa femme est dans un état semi comateux. Il picole sans parvenir à oublier. Et personne ne lui fait de cadeau non plus.

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C’est également l’histoire de Justine. Enfant, elle a assisté au viol et à l’assassinat de ses parents par un sérial killer itou. Elle a réussi à protéger sa soeur de ce drame. A l’époque, c’est Louis qui a réussi à coincer l’assassin et le mettre sous les barreaux. Du coup, quand ce dernier est soudainement relâché pour cause de bonne conduite, son réflexe de survie est de retourner voir Louis.

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 Je ne vous en dis pas plus, sinon je vais vous gâcher le film (qui sort le 12 mars de mémoire).

Le film est tourné lentement, les images sont très très belles, certains plans pourraient être des posters tant les jeux de lumière sont dominés. Il se dégage de ce film pas tant un sentiment de violence (ça pourrait car certaines scènes sont également très crues) qu’une profonde envie que le monde aille mieux. On a l’impression que la vie de ces gens a basculé étrangement, que leur numéro de funambule a merdé de manière soudaine et étrange. Et on souhaite tout le long du film que les choses s’arrangent. Parce que Louis, c’est un justicier qui se fiche de la justice. Il avance droit dans ces bottes.

A la fin de la projection, on a rencontré le réalisateur et on a pu le couvrir de questions. J’ai adoré cette partie car ce n’est pas souvent qu’on peut discuter avec le type qui a imaginé et crée l’oeuvre qu’on vient de voir.

J’ai découvert un monsieur très sensible, limite écorché vif, qui nous a expliqué que l’histoire du film était issu d’une histoire vraie. Que Louis, c’était beaucoup de lui… Qu’il y a quelques temps, la petite fille qu’il avait sauvé est revenue le voir, parce qu’elle voulait entendre de sa bouche ce qui c’était vraiment passé. Elle en avait besoin. Forcément, ça émeut. Un monsieur drôle, sarcastic, fragile, nerveux, généreux et très malin.

Voilà pour mes impressions ! Je vous recommande d’aller voir ce film parce qu’il est beau et fort. Pas de course poursuite de voiture dans les rues de Marseille, pas de clichés, pas de violence gratuite. Un polar noir et profond comme on les aime. Le film n’est pas parfait, mais plus j’y repense, plus j’ai de la tendresse pour ces personnages. Le cinéma, c’est aussi ça !

Vous pouvez voir la bande annonce ici.

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