Interview de Shlomit Ofir - Concours - Ciloubidouille

Interview de Shlomit Ofir – Concours

Une brindille gracieuse et solide à la fois. Une petite biche aux yeux lumineux et déterminés. Voilà quelles furent mes impressions quand j’ai rencontré Shlomit Ofir pour la première fois. Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais en fait, parce qu’une fois les présentations faites, j’ai réalisé que cette jeune femme n’aurait pas pu être différente. Elle ressemble à son travail en fait. Gracieux et solide.

Shmolit Ofir vit à Tel Aviv, en Israël. C’est la talentueuse créatrice des bijoux du même nom, vendus en France sur le site de l’oiseau sur la branche. Je ne vous cache pas posséder une petite dizaine de ses œuvres (et je ne compte pas ceux que j’ai offerts en cadeau). Vous avez du voir passer des tas de photos sur le moblog (Instagram, Facebook, Flickr, Twitter) où je porte ses bijoux. C’est assez simple, je raffole de son style contemporain, poétique et aérien. Quand je mets un de ses bracelets, j’ai l’impression de maigrir ^^. De devenir une elfette si vous préférez. Comme si le cou de taureau qui supporte ma tête semblait s’affiner pour accueillir des petits oiseaux, des fleurs de pissenlit ou de charmants origamis.

Il y a quelques temps, Frédérique, la charmante propriétaire du Site marchand Un oiseau sur la branche, la même qui m’avait déjà invitée au Salon du bijou, m’a demandée si ça m’intéresserait de rencontrer Shlomit en vrai. Je crois ne pas avoir hésité une seule seconde malgré un emploi du temps biiiiien chargé ces derniers temps. Ce n’est quand même pas tous les 4 matins qu’on a la chance de pouvoir discuter avec un créateur, qui plus est, celui des bijoux qu’on porte !

N’étant pas une journaliste professionnelle, et ne maîtrisant pas l’anglais aussi bien qu’elle, mes questions furent un peu désordonnées je crois. Mais Shlomit a été aussi adorable que patiente. Elle était venue avec sa responsable marketing, qui est également son amie, tout aussi charmante qu’elle. On a papoté toutes les trois, le temps d’un restau parisien.

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Ma première série d’interrogations concernait ses motivations. Comment se levait-on un matin et décidait-on se lancer dans la fabrication de bijoux ? Il semblerait que la réponse soit la même que celle que font les artistes : « tout petit déjà ». Les pâtissiers ? Ils cuisinaient déjà des gâteaux avec leur mamie. Les chanteurs ? Ils chantaient dès la maternité. Les dessinateurs ? Ils gribouillaient sur leurs bulletins scolaires… Shlomit Ofir ? Elle créait déjà des bijoux à 12 ans.

(Note à moi-même : Il faudrait donc que je surveille attentivement mes enfants pour deviner le talent qui  sommeille en eux ? Comment détecter un talent autre qu’un talent manuel, genre le génie de la finance ^^?)

Vous allez me dire, vous aussi, vous dessiniez, chantiez, cuisiniez et faisiez des bijoux quand vous étiez des minots. Oui mais vous, est-ce que vous aviez des amies qui réclamaient vos créations ? Shlomit oui. Elle n’a jamais arrêté de les fabriquer pour elle comme pour ses amies.  Quant l’heure des questions d’orientation scolaire est arrivée, elle est partie tout naturellement vers des études de design. Et une fois son cycle universitaire terminé, il a fallu faire un choix. Soit elle se dirigeait vers une carrière plus classique comme tous ses amis étudiants, en optant pour un job de designer industiel donc, soit elle se donnait un an pour lancer son projet personnel : créer sa marque de bijoux. Pas de suspense. Vous connaissez déjà sa décision et le super résultat qui en a découlé…

Gros pari quand même non ? On trouve toujours logique que les gens qui ont réussi aient réussi, mais franchement, quel courage et quelle énergie cela demande avant d’arriver à exister dans le quotidien des gens. Aujourd’hui, Shlomit est capable de faire vivre sa sœur, son amie au marketing ainsi qu’une dizaine d’autres employés ! C’est quand même la sacrée classe non ?

Mais revenons aux origines du projet. Savez quel est le site qui a permis aux bijoux de Shlomit de se faire connaitre ? On est alors en 2008 et un autre site commence à émerger… Il s’agit d’Etsy ! A l’époque le site américain n’a pas encore le trafic et le contenu actuel. Aussi quand la sœur de Shlomit qui vit à NY lui parle de ce nouveau concept, qui permet aux créateurs de vendre leurs œuvres, Shlomit est enthousiaste. Elle ouvre rapidement sa boutique. Bien lui en prend, car Etsy repère vite la talentueuse créatrice et s’emploie à la mettre en avant régulièrement. Les ventes décollent. C’est le début du succès ! Depuis, on la retrouve souvent dans de prestigieux magazines, comme ELLE.

Aujourd’hui, on peut acheter les bijoux de Shlomit sur Esty, sur le site israélien et sur Un oiseau sur la branche. La jeune femme possède également trois boutiques à Tel Aviv et une autre ailleurs en Israël (je n’ai pas retenu le nom, désolée) !

Shlomit me racontait, assez amusée, qu’avec son amie au début de leur aventure, elles guettaient fébrilement les personnes de Tel Aviv qui portaient leurs bijoux. Elles en croisaient rarement dans la rue et c’était la fête quand elles tombaient sur une passante avec un bijou vendu. Mais maintenant, Shlomit est bien connue de la diaspora israélienne et il est fréquent de croiser une personne portant ses créations. La vraie consécration du talent plébiscité.

L’autre observation rigolote, c’est de voir la différence des goûts selon les pays acheteurs. Par exemple, Shlomit prévoit que tous ses bijoux métalliques sont disponibles en or ou en argent. En Israël ou aux USA, 80% des personnes préfèrent la version en or. Mais en France, c’est 50/50. L’argent est très apprécié. Autre différence ? Les françaises préfèrent les bijoux les plus fins versus les israéliennes qui aiment les choses plus volumineuses.

Comment fabrique-t-elle ses bijoux au fait ? Je vous passe le travail préalable de sélection de matières premières et des fournisseurs. C’est super important mais pas forcément passionnant ^^ ! Parlons plutôt de la partie créative. Ça part d’un ordinateur. Shlomit bosse sur Illustrator de mémoire. Elle crée ses bijoux à plat. Comme des bandes. Puis éventuellement, elle les imprime et les découpe pour mieux les visualiser en papier. Une fois cette étape terminée, elle fait venir son équipe et chacun donne son avis. Shlomit écoute tout le monde puis tranche. Ce sont ces bijoux-là qui partent en fabrication. Elle les réceptionne plus tard, également à plat. Et ce sont ses coéquipières qui les façonnent pour les mettre en forme.

Shlomit travaille deux collections par an. Et le mieux qu’on puisse dire, c’est qu’elle arrive carrément à sentir l’air du temps !

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J’espère que cette petite interview vous a plu et vous a donné envie d’en savoir plus sur le travail de cette talentueuse créatrice de 31 ans ! Dans tous les cas, bonne nouvelle : Frédérique vous propose de gagner un des bijoux de Shlomit. N’importe lequel. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site d’Un oiseau sur la branche, de choisir votre bijou préféré puis de revenir coller le lien de ce dernier dans les commentaires. Tirage au sort le 23 août au soir :). Bonne chance.

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