Ciloubidouille
7 mai 2020 Tout savoir sur l’impression 3D

Tout savoir sur l’impression 3D

Cet article sur l’impression 3D m’a été souvent réclamé. Comme il est un peu technique et que clairement l’expert en imprimante 3D chez nous c’est mon mari, l’article est écrit à deux mains. Je vous annonce le plan, comme ça, vous pourrez sauter des étapes si tout ne vous passionne pas…

  • On va d’abord vous expliquer ce qu’est l’impression 3D, pour que vous vous représentiez bien le fonctionnement de cette étonnante machine, étape par étape.
  • Puis on parlera des imprimantes 3D, si vous voulez passer par la case achat.
  • On fera un tour des consommables et du matos annexe.
  • Et enfin, je vais vous montrer les choses qu’il est possible de réaliser avec.

J’espère que ces infos vous seront utiles ou plus simplement satisferont votre curiosité.

Qu’est-ce que l’impression 3D :

C’est tout simplement une technique de fabrication d’un objet avec un système qui ajoute de la matière couche après couche. Un peu comme si vous avez une poche à douille super précise et qu’à chaque couche, ça montait en hauteur :).

Les différentes étapes de l’impression 3D :

Avant de vous lancer, deux possibilités. Soit vous piochez dans les modèles existants, soit vous créez le vôtre.

Trouver un modèle existant :

La première fois qu’on se trouve face à une machine 3D, pour se lancer, le plus simple est de produire un modèle déjà créé par un expert, qui a déjà fait ses preuves. C’est rare de commencer par une création à soi. ^^

Donc, on file sur internet et on essaye de se dégoter un modèle 3D pas trop compliqué à reproduire. Il existe des bibliothèques gigantesques d’objets 3D pour trouver votre bonheur.

Thingiverse est la plus connue, mais on trouve aussi des modèles sur d’autres sites : 3dwarehouse qui a la plus grande bibliothèque, Prusaprinters ou encore Grabcad.

Ou passer par un logiciel de modélisations

Une fois que vous serez plus à l’aise avec votre machine, si vous avez envie d’imprimer VOTRE modèle, celui qui s’agite dans votre tête, il va falloir le modéliser. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser des logiciels de modélisation 3D comme SketchUp, OpenScad, Fusion360, Inventor ou autres. Zhom conseille en particulier Sketchup et Fusion 360 qui sont assez faciles à utiliser et gratuits pour une utilisation personnelle.

Une fois l’objet conçu, on pourra l’exporter dans un format standard d’échange d’objets 3D comme les fichiers STL (STéréo-Lithographie) ou encore des fichiers OBJ qui sont compatibles des logiciels de découpage en couches imprimables, celles qui sont appelées les slicers.

Découper en couche ou Slicing

Que le modèle choisi soit le vôtre ou celui d’un autre, la suite ne change pas. Pour qu’une imprimante 3D soit en mesure d’imprimer un objet en 3D, il faut d’abord le découper en couche.
En effet, comme dit plus haut, une imprimante 3D vient construire les objets épaisseur par épaisseur.

Ces logiciels servent donc à couper l’objet en tranches fines (la hauteur est réglable et elle varie en général de 0.05mm à 0.30 mm) et à calculer la quantité de matière qu’il faut déposer pour chacune des couches.

Remplir par le vide

L’impression 3D a ses astuces. Souvent, l’intérieur des objets n’est pas rempli de matière mais d’une structure en nid d’abeille par exemple. L’idée est d’économiser le matériau d’impression et surtout de limiter les effets de rétractation des matières quand elles sont trop importantes. Exactement comme dans la sculpture.

Voici un exemple de nid d’abeille pour les clitoris que je vends. La pièce est donc remplie de vide (mais reste solide). On peut décider du pourcentage de remplissage en fonction de sa pièce pour optimiser son poids et donc son coût et dans une moindre mesure sa résistance. C’est ce qu’on appelle le remplissage ou infill en anglais.

clitoris impression 3D

Autre exemple plus concret.

impression 3D nid d'abeille

Partir dans toutes les directions !

L’orientation de l’impression 3D est également importante. En effet, l’imprimante vient ajouter de la matière sur des couches déjà imprimées, vous l’avez saisi je pense maintenant. Mais si on veut imprimer une forme du style pont. A un moment, ça ne peut plus s’appuyer sur la couche d’en-dessous, vu que c’est le vide. Comment fait-on pour imprimer des formes qui s’agrandissent ?

Première astuce ? On triche, on rajoute de la matière qu’on enlèvera ensuite ^^ ! Cette matière, faut la voir comme un support à la construction, comme un ensemble de petites arches. C’est elle que vous voyez sur l’image ci-dessous en vert. Cette partie sera imprimée à 0.1mm de l’objet, ce qui rend facile son retrait à la fin de l’impression.

impression 3d

Seconde astuce ? On s’achète une imprimante 3D en mesure d’imprimer des « ponts » grâce à sa techno. Les imprimantes modernes et milieu de gamme sont en effet équipées d’un ventilateur dirigé sur la couche en cours d’impression ce qui permet de solidifier le matériau juste après son dépôt et donc éviter qu’il ne « tombe ». Pas toujours parfait, mais ça fait la blague.

Exemple : les fenêtres et le toit de ce petit bateau s’impriment parfaitement sans aucun défaut sur des imprimantes modernes qu’elles soient entrée de gamme (avec un peu d’effort pour les améliorer) ou sur des imprimantes plus haut de gamme.D’ailleurs ce bateau en 3D est surnommé Benchy. C’est lui que tu fabriques pour savoir si tes réglages sont bons quand tu commences les impressions 3D.

Benchy, c’est le bêta testeur.

bateau 3D Benchy

Vérifier la qualité des slicers

Ces Slicers sont une des étapes les plus importantes de l’impression 3D et disposent d’énormément de réglages qui vont faire que votre impression sera de bonne ou de mauvaise qualité. Chaque réglage se paramètre pour votre imprimante.
Il est donc nécessaire de passer un peu de temps (traduction de moi = beaucoup de temps…) dans tous les menus de réglage avant d’obtenir des impressions parfaites. On trouve toutefois des fichiers de paramétrages tout faits pour les Slicers les plus connus et les imprimantes les plus connues.

Quelques slicers connus :

  • Cura : sans doute le plus connu
  • Simplify3D : Payant mais un des plus complet
  • PrusaSlicer : Gratuit et particulièrement adapté aux imprimantes de J. Prusa

Ces logiciels ont besoin de plusieurs données pour faire leur boulot :).

  • Un objet 3D
  • Des paramètres liés à votre imprimante
  • Des paramètres liés au matériau d’impression (température de chauffe en particulier)
  • Et des paramètres liés à votre impression (supports, remplissage, hauteur de couche, …)

Paramétrer la hauteur de couches

On a déjà parlé des supports, du remplissage. Un autre paramètre important est la hauteur de couche.
On peut imprimer le même objet (donc de même taille) en choisissant des hauteurs de couche de 0.10mm, 0.15, 0.20 ou encore 0.30mm par exemple. Cela influencera essentiellement 3 paramètres :

  • Le temps d’impression : il y a une relation assez linéaire. Si vous imprimez en 0.10mm ou en 0.30mm le temps d’impression sera soit multiplié par 3, soit divisé par 3.
  • La qualité de surface : comme l’imprimante ajoute du matériau couche par couche, plus la couche sera épaisse, plus ce sera visible et sensible au toucher à la fin.
  • Les détails : plus votre épaisseur de couche sera faible et plus vous serez en mesure d’imprimer de fins détails (c’est surtout vrai pour l’impression de petites figurines). Pour l’impression de pièces mécaniques ou classiques 0.20mm est souvent très acceptable en termes de qualité.

Après avoir découpé votre modèle en fonction des paramètres ci-dessus, le slicer créera un fichier GCODE qui contiendra les déplacements que votre imprimante devra réaliser pour imprimer votre objet ainsi que les températures à utiliser ou encore la vitesse des ventilateurs.

Imprimer !

Enfin l’étape ultime … ou presque.
Une fois le fichier GCODE généré par le Slicer, l’imprimante connait les mouvements qu’elle doit réaliser, les températures à utiliser, etc.
On peut lancer l’impression après avoir réglé son imprimante bien-sûr (je reviendrai dessus plus bas).

Pour ceux qui s’attendent à de la magie, perdu… C’est long … Et selon les modèles, très long…. Par exemple, pour imprimer 4 clitoris, comptez 6 heures.
Pire, certains projets demandent l’impression de plein de pièces qui s’assemblent à la fin. Bref, n’allez pas imaginer à ce que l’impression 3D vous fasse gagner du temps. Elle commence toujours par vous en prendre ;).

Voici une vidéo en temps réel de l’impression 3D. Pour que vous vous rendiez compte de la vitesse.

Néanmoins, quand tout est bien paramétré, ensuite, ben on n’a pas plus besoin d’être là. Oki, le temps d’impression est long mais on ne reste pas planté devant la machine :). Et on peut enchainer les impressions si on fait des séries.

Nettoyer

Une fois l’impression 3D terminée, suivant le modèle, la présence de supports ou pas, il est nécessaire de nettoyer la pièce et de la poncer.
Ce travail peut être fastidieux et pénible car certains matériaux sont particulièrement durs et difficiles à poncer.

Pour les supports, si votre imprimante est de bonne qualité et votre slicer est bien réglé, ça ne devrait pas poser de problème. Avec l’ancienne imprimante vieille de 6 ans et sans ventilateur d’impression, les supports collaient à la pièce imprimée et c’était très dur de les retirer. Désormais, c’est beaucoup plus facile et rapide.

Et éventuellement peindre

Pour ceux que le côté monochrome rebute, il est possible de peindre ses pièces imprimées en 3D très facilement (une fois celles-ci réalisées). En général, on utilise d’abord un apprêt pour vraiment lisser l’objet, puis on le peint avec des peintures acryliques classiques. Beaucoup de maquettistes s’en servent ainsi :).

* * * * * *

Ayé, vous avez pigé comment ça fonctionne ? Vous êtes tentés par l’aventure ? Alors on passe aux choses sérieuses.

Voici les conseils de zhom pour déterminer quelle imprimante 3D choisir.

Quelle imprimante 3D acheter ?

Il y a deux grands types d’imprimantes 3D, mais la plus courante pour l’impression 3D domestique est le modèle FDM (Fused Deposition Modeling) qui ne possède qu’une seule buse et qui imprime par couche de plastique comme expliqué plus haut.

L’autre type correspond aux imprimantes SLA (Stereo Lithography Apparatus) dont l’impression consiste à solidifier couches par couche de la résine grâce à de la lumière ultra violette. Ces imprimantes sont beaucoup plus chères, elles utilisent donc de la résine qui confère une excellente qualité aux surfaces imprimées. En revanche, impossible d’imprimer en plusieurs couleurs sur un même objet et obligation de nettoyer des pièces imprimées. Nous n’aborderons pas ces imprimantes ici.

Choisir son imprimante 3D :

Plusieurs options s’offrent à vous en fonction de votre budget et la qualité d’impression que vous recherchez.
Quelques éléments de réflexion :

Budget :

On peut trouver de très bonnes imprimantes 3D avec un budget de l’ordre de 250€ voire même en promotion aux alentours de 150€.

C’est le cas de l’imprimante Ender 3 qui a l’avantage de n’être pas très chère, d’avoir un bon niveau de qualité d’impression. Grand point positif, elle dispose d’une communauté très importante, toujours utile quand on débute. Elle nécessitera cependant d’imprimer des add-ons (des modules supplémentaires) et donc de la modifier pour obtenir de meilleurs niveaux d’impression. Car de base elle reste simpliste. Vous pouvez la trouver sur Amazon, la Fnac, ou même Aliexpress. De toutes les façons, grosso modo, elles viennent de Chine hein…

Avec un budget de l’ordre de 750€, on peut acheter des kits plus évolués, permettant d’obtenir un niveau d’impression 3D excellent immédiat. Par exemple, l’imprimante que nous avons choisie, c’est la prusa MK3s i3. Bonne ou mauvaise nouvelle, on peut la trouver beaucoup moins chère sur des sites chinois comme Aliexpress car  étant en open source, n’importe qui peut la copier et proposer des équivalents.

Nous ne ne connaissons pas la qualité de ces équivalents car ce qui va jouer sur la qualité d’impression, c’est la qualité des éléments comme les roulements à billes, les moteurs pas à pas utilisés, etc … qui seront bien entendu pas les mêmes que ceux du kit Prusa original que nous possédons.

Imprimante en kit ou déjà assemblée :

Il y a deux écoles. Soit vous achetez votre imprimante toute faite. Soit vous l’achetez en kit, soit vous la montez vous-même. La seconde option est bien-sûr moins chère. Plus contraignante aussi mais c’est un excellent moyen de mieux connaitre l’outil.

Parce que bon, il ne faut pas croire qu’une imprimante 3D fonctionne toujours correctement, genre tu la branches et c’est parti mon kiki. Si vous avez envie d’en acheter une, pensez aussi à vous acheter de la motivation ^^ !

Il va forcément être nécessaire de savoir la régler, la modifier voire la réparer. Acheter une imprimante en kit, c’est la construire soi-même et donc comprendre comment elle fonctionne et comment on pourra en tirer la meilleure qualité. Il ne faut pas être Mac Gyver pour monter une imprimante 3D, mais il faut quand même être méticuleux et patient. Zhom a monté son  imprimante en 8h par exemple.

Suivant la marque que vous achèterez, le manuel sera plus ou moins simple. Le kit acheté chez Prusa est à la portée de tous ceux qui savent monter un meuble IKEA et suivre un manuel de montage. Tout s’assemble bien, les câbles sont à la bonne dimension, le manuel est extrêmement clair et bien documenté, il n’y a pas de soudure à faire. D’autre kits peuvent être complètement différents et nécessiter une vraie expertise pour être assemblés.

Le fait d’avoir un manuel de montage en Français peut aussi être important pour vous. Renseignez-vous !

Communauté :

Ne pas négliger l’importance de la communauté autour d’une imprimante 3D. Vous aurez sans doute des problèmes avec votre imprimante. Si elle dispose d’une importante communauté, vous pourrez bénéficier de des conseils, trouver des solutions à vos problèmes et ce sera beaucoup plus facile d’entrer dans la communauté de l’impression 3D.

Ender 3 et Prusa ont ces larges communautés.

Nombre de buses :

Par défaut, les imprimantes 3D n’ont qu’un seul extrudeur (cette pièce qui chauffe et qui dépose le matériau). Dans ce cas, une seule couleur d’impression est possible pour votre pièce. Ou alors il faut passer par un changement de fil de couleur lors du passage d’une couche à une autre, mais on ne peut pas obtenir des objets colorés complexes où on doit mettre plusieurs couleurs sur une même couche d’impression.

Si vous souhaitez imprimer des objets multicolores, il vous faudra des imprimantes spécifiques.
Il existe des imprimantes à deux extrudeurs. Zhom ne les recommande pas, car il est très difficile de régler les deux extrudeurs à exactement la même hauteur. Et dans le cas d’impression avec de faible hauteur de couche, il est probable que l’un des extrudeurs positionné un peu plus bas que l’autre (on parle ici de 0.1mm) vienne taper dans la pièce occasionnant des défauts d’impression ou pire un arrachement de la pièce et donc un échec de l’impression.
Zhom préfère pour sa part un système type MMU2s de Prusa qui permet d’avoir jusqu’à 5 couleurs / matériaux différents pour un seul objet et obtenir ce genre de résultat :

Ou encore un système plus abouti et plus commercial mais encore beaucoup plus cher : palette 2.
A noter que je n’ai pas encore testé ces systèmes, même si le MMU2S pourrait être un achat à venir.

Équipement :

Toutes les imprimantes 3D ne se valent pas en terme d’équipement.

Par exemple, la Prusa MK3s est équipé d’un lit (la surface sur laquelle on imprime) chauffant et magnétique. L’aspect chauffant est un must et permet la bonne adhésion de la pièce pendant l’impression. L’aspect magnétique est vraiment intéressant car il permet de détacher la surface d’impression (feuille en acier) du lit d’impression. Cela permet ensuite de décoller facilement la pièce du lit ce qui peut être difficile sur certaines autres imprimantes.

Elle est également équipée d’un capteur de filament ce qui lui permet de détecter quand la bobine de filament se termine et peut ainsi attendre qu’on la recharge. Si ce n’était pas le cas, en cas de manque de filament, l’impression est bonne pour la poubelle

Elle permet aussi l’adjonction d’un système de pilotage à distance (en WIFI) Octoprint qui permet d’apporter des fonctionnalités complémentaires comme le pilotage de son imprimante par une interface web, des plugins permettant de détecter les problèmes d’impression ou encore de faire des time lapse.

Octoprint

Bonus pour les geeks ^^

Octoprint est un logiciel libre qui permet de piloter votre imprimante à distance et la surveiller à distance grâce à une caméra. Il tourne sur Raspberry Pi. Prusa conseille de l’installer sur un Raspberry Zero W, mais ce dernier est vraiment limité en puissance et ça ne marche pas bien.
Il est plutôt conseillé de l’installer sur un RPI3B ou un RPI4.

On recommande les plugins suivants

M73 ETA override : ce plugin permet de récupérer le temps restant de manière optimisée. C’est le Slicer de Prusa qui ajoute des codes spéciaux dans le fichier GCODE pour indiquer combien de temps il reste précisément pour l’impression. Sans ce plugin, Octoprint estime la durée restante, et ce n’est vraiment pas précis (dizaines de minutes d’erreur voire heures !)

The Spaghetti Detective : en association avec une caméra reliée à Octoprint, ce plugin permet de surveiller vos impressions et de détecter les spaghettis et les blogs et de stopper votre impression à l’aide d’une intelligence artificielle. Il est toujours conseillé de rester surveiller les 2 ou 3 premières couches, mais ce plugin vous aidera à rester serein pendant vos longues impressions.

Le premier mois est gratuit, ensuite avec la licence gratuite vous disposez de 10h d’impressions surveillées gratuites. Vous pouvez soit payer pour en avoir plus, soit confirmer son jugement sur votre impression. Dans ce cas, vous gagnez 1h de surveillance pour chaque confirmation que vous lui donnez.

Octolapse : plus un gadget, ce plugin permet de prendre une photo de votre impression à chaque changement de couche en mettant l’extrudeur toujours au même endroit. Ca donne un timelapse amusant de votre impression. C’est avec lui qu’on a les vidéos de l’article.

Les matériaux classiques :

Une fois qu’on a l’imprimante, on lui donne quoi à manger ?

Et bien, ça dépend de ce qu’on veut obtenir et de la façon dont on aime travailler. La dimension écologique joue également. Vous le saviez que pratiquement tous les objets réalisés en impression 3D sont biodégradables et/ou recyclables ?

Le PLA :

A base de maïs, le PLA est biodégradable et recyclable. Enterré, il mettra 4 mois à se décomposer. Dans votre maison, à l’abri de l’humidité, il ne bougera pas.

On en trouve de toutes les couleurs et même avec des teintes imitations de bois.
Sa température d’impression se situe en général entre 200 et 230°C. Il n’aime en revanche pas les hautes températures et commencera à se ramollir dès 60°C

Il est facile à imprimer car il adhère assez bien au lit et il n’y a pas de rétractation avec ce matériau. La rétractation c’est le phénomène qui fait que vous imprimez un cube de 10x10x10mm, mais après refroidissement, le cube se rétracte un peu et les angles sont moins vifs et les dimensions un peu plus petites.

C’est le matériau qu’on utilise le plus ici. On l’achète sur Amazon ou Aliexpress selon le temps dont on dispose. Un bon prix, c’est autour de 20€ le kilo (sachant qu’en ce moment, avec le confinement lié au covid19, c’est un peu n’importe quoi). Méfiez-vous des fils pas chers, souvent on récupère de la mierda… La qualité d’un fil dépend de la régularité de son diamètre.

fil imprimante 3D

Le PETG :

C’est le matériau qu’on trouve dans les bouteilles en plastique.
Il est recyclable mais pas biodégradable.

On le trouve dans toutes les couleurs.
Sa température d’impression est en général entre 220 et 250°C. Il résiste un peu mieux à la température que le PLA.

Il est aussi facile à imprimer mais il adhère beaucoup mieux que le PLA sur le lit de votre imprimante. Il est capital d’attendre le refroidissement complet de la pièce et du lit avant d’essayer de le décoller au risque d’abimer la surface de votre lit. Il est même conseillé de mettre un produit sur le lit de l’imprimante pour aider au décollage (lave vitre ou encore colle UHU en bâton).

Nous on l’utilise uniquement quand on a besoin de fabriquer des pièces qui résistent à la température extérieure (et aux rayons du soleil). Et pareil, on le prend sur Amazon ou Aliexpress. Les tarifs tournent autour de 25€ le kilo.

L’ABS :

L’ABS est un plastique assez dur qu’on trouve aussi couramment dans nos objets en plastique.

Il est assez facilement recyclage mais pas biodégradable. Ses vapeurs sont toxiques lors de l’impression. Il faut aérer la pièce. Nous ne l’utilisons pas du tout, on lui préfère le PETG.

Sa température d’impression est en général entre 220 et 260°C et résiste encore mieux à la température que le PETG.

Il est assez difficile à imprimer car il adhère mal au lit de l’imprimante et nécessite de chauffer le lit vers 80°C et par ailleurs il y a une rétractation assez forte avec ce matériau.

Le TPU :

Ce matériau permet d’imprimer des objets flexibles type coques de téléphone par exemple, ou les bijoux !

Il s’imprime aux alentours de 250°C et est assez facile à imprimer. Il est biodégradable et recyclable.

Là aussi, il est conseillé de mettre un produit sur le lit de l’imprimante pour aider au décollage (lave vitre ou encore colle UHU en bâton).

Aliexpress ou Amazon pour les achats. Un prix correct tourne autour de 20€ les 500gr.

 

* * * * *

Et sinon, parfois ça merdoie. Et ce serait injuste de faire un article sur les impressions 3D dans en parler.

Les problèmes classiques liés à l’impression 3D :

L’adhésion de l’impression sur le lit :

Suivant les matériaux utilisés, l’adhésion est plus ou moins forte.
Il est conseillé de chauffer le lit de l’imprimante en fonction du matériau utilisé.
Par ailleurs, pour aider à une bonne adhérence, il faut toujours nettoyer son lit avec de l’alcool à bruler par exemple, ne pas toucher la surface avec les doigts pour ne pas y déposer de gras.

On peut également mettre de laque à cheveux, du scotch de peintre ou encore de la colle UHU en bâton. Ces 3 solutions permettent à la fois une meilleure adhésion du PLA ou de l’ABS sur le plateau ou encore une meilleure séparation du PETG.

Les spaghettis :

Quand l’imprimante se met à imprimer dans le vide, ça donne des spaghettis.

Les spaghettis ne sont en général pas graves. L’impression est ratée mais l’imprimante n’est en général pas abimée.
Ils arrivent en général quand la pièce se détache du lit pendant l’impression.

Les blobs

Les blobs sont beaucoup plus graves que les spaghettis car le matériau s’agglomère sur l’extrudeur et forme une boule de plastique. L’imprimante peut être endommagée par cette boule de plastique quand on veut l’enlever.

Les blobs arrivent en général quand la première ou la deuxième couche de l’impression se détache du lit. Dans ce cas, il se forme des spaghettis au début, mais ces spaghettis rentrent au contact de l’extrudeur qui est chaud et qui va « ramasser » ces spaghettis et les agglomérer.

Pour retirer un blog, il faut chauffer au maximum l’extrudeur et attendre suffisamment longtemps que le plastique en contact avec l’extrudeur se ramollisse suffisamment pour être retiré.
Il faut faire attention aux fils dans la zone qui ont tendance à s’arracher avec le blog …

Ensuite, une brosse métallique permet de finir le nettoyage.

 

Et on fait quoi alors avec une imprimante 3D ?

Tellement de choses…

Je vous montre un panel minus des choses fabriquées par ici…

Un tampon qui représente de mes dessins

Plus personnalisable, c’est difficile.

Des choses réparées

Il n’y avait pas de point d’interrogation dans le kit de message mural, alors zhom en a fabriqué un.

De la déco

Un soir, j’ai eu un petit mot sur mon oreiller qui me disait de lever la tête. Et effectivement, sur les lettres qui décorent un mur de ma chambre parentale, il y avait cette renarde toute mignonne.

De l’inutile…

Enfin… Disons que ceci est une sirène. Oui, si tu tournes la manivelle, ce machin fait un bruit de tous les diables. Alors à 20h tous les soirs en ce moment, oki, mais sinon… ?

Des portraits en imprimante 3D

Je vous l’avais déjà montré, mais depuis on en a refait plein. A partir d’une photo, l’imprimante 3D fabrique un portrait lumineux

 

Des clitoris donc…

Je ne les présente plus ^^ ! J’ai plein de clitoris à vendre dans ma boutique.

clitoris 3D

 

Des cryptex…

Je suppose que le cryptex en 3D pourrait se ranger dans la catégorie des trucs inutiles mais en vrai, c’est quand même sympa pour les anniversaires.

cryptex imprimante 3D

 

Du joli et utile

Une de mes lectrices m’a offert des cache-clous en forme de mouette et depuis zhom les a reproduits. Ça me permet de suspendre des trucs avec grâce ^^ !

 

Des bijoux

Pour mes 43 ans, je me suis fabriquée un collier que j’ai dessiné et où j’ai écrit : « ce que je suis suffit ». Je l’adore tellement !

 

Collier imprimante 3D

 

* * * * * *

Bref, la liste est infinie ! Je ne parle même pas des trucs moches mais qui servent (un pose savon qui permet à l’eau de s’égoutter, des trucs pour remonter le niveau des chaises, des portes-plantes, les réparations diverses et nombreuses, les pièces manquantes refabriquées… ). Nous on est totalement conquis par l’impression 3D et ses possibilités. J’adore que le matériau ne soit pas du plastique dégueu. Je surkiffe la créativité derrière…

Pour plus d’inspiration, y a mon board Pinterest (profitez-en pour vous y abonner, je suis assez active dessus 😉 ).

Est-ce que cet article inhabituel vous a plu ? Vous saviez comment ça fonctionnait et tout ce qu’on pouvait faire avec une imprimante 3D ? Ca donne envie ?

29 réactions au sujet de « Tout savoir sur l’impression 3D »

  1. C’est tellement génial tout ce qu’il est possible de faire ! Ca laisse rêveur , mais nous aussi on adore ce collier ou encore le collier un peu fleuri de Maelle , reste une chose à savoir , à quand seront ils dispos sur la boutique ?! =)
    En attente, bonnes créations de bidouilles qui mettent des paillettes dans nos journées !

  2. Prems ?
    Non je ne savais pas que l on pouvait faire tout cela, mon fils en veut une, mais sa me paraît bien complexe encore pour lui, il va avoir 13 ans, les objets son original, maisbles fichier réglage et autre pff

  3. Merci pour cet article 😁 Mon chéri vient de se commender la ender 3 pro pour son anniv et j’attendais ton article pour voir les possibilités. Il est d’ailleurs aussi en train de le lire.
    Merci à toi et ton Zhom 😘😘

  4. Hello! Merci pour cet article ! Mon conjoint en a (au moins) une depuis un momenr, je lui ai déjà passé commande de certains trucs (pour des emportes pièces par ex!! Ou alors des portraits pour ma famille à noël ), c est vraiment top!! En revanche, à part choisir sur thinhverse le truc, c est complètement lui qui gère… je n ai jamais le courage de m y mettre… peut être un jour?…

  5. Article très complet. Ha ha c’est loin d’être magique, je ne savais pas que ça prenait autant de temps et que c’était autant technique. Le cryptex est très sympa, nous on avait un cadenas à chiffre pour notre dernier escape game à halloween dernier !
    Est-ce que le collier va bientôt être en vente ? Genre avant la fête des mères ?

  6. Coucou,

    Au boulot, il y a une sorte de labo sciences pour les écoles. Et j’avais déjà vu l’impression, en partie, d’un cryptex.

    Je n’envisage pas d’acheter une imprimante 3D car pas de place et le prix rebute. Mais ton article est très intéressant.
    Effectivement cela offre des multiples possibilités.

    J’aime beaucoup ta déco phrase et celle que ton mari avait réalisée pour Maëlle.

    Bisous et prenez soin de vous

  7. Un grand merci à vous deux de nous avoir concocté un article aussi précis et complet, c’est super intéressant et ça démystifie efficacement ce concept innovant (et alléchant).
    J’avoue qu’au début j’avais un peu le sentiment que l’imprimante 3D était le « nouveau drone », au sens gadget (je sais que je m’adresse à un pilote chevronné, mais je parle plutôt de l’utilisateur moyen qui s’en sert 3 fois avant de le laisser au placard 😉).
    Ça m’a pas mal réconciliée avec l’objet de savoir qu’il existait du fil biodégradable, et aussi d’entrevoir toutes les possibilités de fabrication de pièces détachées qui permettent de lutter contre l’obsolescence, qu’elle soit programmée ou non.
    Et puis évidemment l’actualité est venue renforcer la conviction que l’outil et les communautés associées ouvraient en fait une nouvelle, et ça, ça fait du bien à mon optimisme !
    Bref, (ce commentaire n’était pas bref du tout 😅) encore merci !!

  8. C’est l’hallu ! Je suis contente d’avoir lu cet article. C’est vraiment intéressant pour quelqu’un comme moi qui n’y connaît rien. Grâce à vous j’ai donc un éclairage sur ces imprimantes que jamais je n’aurais eu l’idée d’aller chercher. C’est trop technique pour moi, mais c’est sûr que cela doit être du bonheur de pouvoir créer les objets que tu veux, qui te sont utiles ou qui te plaisent. La renarde, le collier… 😍 Merci à tous les 2 pour cet article.

  9. Merci pour cet article, qui se met à la portée des grands débutants ! Je me laisserai tenter bientôt j’en ai peur! J’ai vu qu’on pouvait s’en servir pour faire des emporte pièce pour la pâtisserie par exemple. Enfin je sais que je trouverai quoi faire avec !! Juste une question, il faut un PC puissant pour faire tourner les logiciels ou un ordi de bureau « lambda » suffit ?

    1. Bonjour,

      Un PC lambda est largement suffisant pour utiliser le Slicer. Ensuite le fichier gcode généré est directement utilisé par l’imprimante.

      Pour utiliser un logiciel de modélisation 3D comme Fusion360, il est en revanche conseillé d’avoir un PC relativement puissant surtout si vous voulez modéliser des pièces complexes.
      Pour faire un emporte pièce par exemple, je pense que la majorité des PCs bureautique récents sont compatibles. Voir la liste des minima requis ici https://knowledge.autodesk.com/fr/support/fusion-360/learn-explore/caas/sfdcarticles/sfdcarticles/FRA/System-requirements-for-Autodesk-Fusion-360.html

      1. Ah merci mais je ne sais pas si je dois vous remercier …😉.
        Le sujet risque de devenir donc un peu plus d’actualité. Merci pour ces précisions !

  10. Super intéressant, comme d habitude. Même si pour la 1ere fois je n ai pas tout lu…
    Maintenant j aimerai beaucoup beaucoup voir les autres objets fabriqués, ça a attisé ma curiosité !!
    Bon week-end en famille !

  11. Merci pour cet article très détaillé qui a le mérite de remettre les choses a leur place et de se dire que l’achat impulsif parce que ca a l’air cool et bien non. Si on n’est pas pres a y consacrer du temps et de l énergie et a se sentir frustré parfois vaut mieux laisser tomber . Je vais donc regarder de loin et préférer une machine de coupe (un jour ). Merci cilou et zhom.

    1. Bonjour article très sympa et exemple d’utilisation aussi qui encouragent à s’équiper. Ce n’est pour le moment pas mon cas et justement j’hésite beaucoup concernant les technologies d’impression. En effet les imprimantes filaments sont actuellement majoritaires en nombres d’utilisateurs et en ce qui concerne le volume utile, toutefois on constate que l’impression résine donne un rendu excessivement propre mais à aussi des contraintes plus grandes (nécessite d’aérer les lieu durant l’impression, nettoyage des pièces une fois celles ci finalisées, volume d’impression moindre et aussi un coût supérieur). Malgré cela le résultat final est vraiment superbe.
      Sauriez vous me conseiller l’une ou l’autre de ces technologies d’impression ?

      1. Bonjour,

        Je ne suis pas un expert des imprimantes SLA (résine).
        Il est certain que ces imprimantes permettent d’obtenir un état de surface extrêmement bon. En revanche, comme vous l’avez mentionné, il y a certains inconvénients associés (bain de résine -> salissant, nettoyage des pièces, aération, coût, monocouleur, remplacement du bac a résine régulièrement = 50€ …)
        Lorsque j’ai décidé de changer notre très vieille imprimante 3D, je me suis posé la question entre SLA et FDM. J’ai finalement opté pour FDM (imprimante à filament) 🙂
        Suivant les utilisations, j’imagine que les deux choix sont valables !
        Un article qui présente les deux types d’impression : https://all3dp.com/fr/stereolithographie-sla-fdm-comparaison-impression-3d/

  12. Bonjour
    Nous avons la même imprimante à la maison et elle marche super bien! Petit truc : on noue un morceau de gaze à l’arrivée du fil dans l’injecteur pour éliminer les poussières résiduelles avant la fusion.

  13. Merci à vous deux pour toutes ces explications, je découvre enfin comment marche cet outil mystérieux, que je n’ai jamais croisé, mais dont j’entends beaucoup parler… Effectivement, le champ des possibles est énorme! Dans l’idée, j’adorerais en avoir une et savoir l’utiliser pour exploiter à fond son potentiel… MAIS la partie technico-informatique… misère… je n’imaginais pas ça si complexe… et, à vous lire, ça me paraît définitivement hors de portée 🙁 Dommage…
    Encore merci!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *