Cyanotype : tout savoir pour débuter

Découvrez la technique du cyanotype

Ceux qui me suivent le savent, j’ai offert un atelier cyanotype à mon amie MHF. Je lui avais d’ailleurs fabriqué une petite boite à message spéciale pour cette occasion. Je vous passe l’annulation de dernière minute de l’atelier acheté pour vous parler plutôt de l’occasion que cela a généré. J’allais me lancer dans un atelier toute seule, en mode improvisation, quand l’une d’entre vous m’a écrit un commentaire sous une de mes publications.

Le message en question n’avait rien à voir avec ce projet mais le pseudo choisi par cette personne m’a attiré l’œil et pour cause : elle s’appelle “Studio Cyanotype” ! Alors j’ai toqué à la porte de ses messages et je lui ai demandé si par hasard elle animait des ateliers pour les particuliers et si elle voulait bien venir chez moi.

Le miracle a eu lieu. Ninon a été adorable, réactive et quelques jours plus tard, elle était dans ma maison avec son matériel. C’est elle qui nous a donc initié à cette nouvelle activité ! La chance non ?

Technique du cyanotype

Le principe du cyanotype est hyper simple à réaliser. J’avais fantasmé un truc bien plus complexe mais en fait, c’est l’enfance de l’art.

Ça se passe en deux étapes distinctes. La première correspond à la préparation du papier. Et la seconde c’est la partie artistique où on dispose ses éléments et où on laisse le soleil agir.

Partie papier :

Pour fabriquer la réaction magique, on utilise deux produits chimiques qu’on mélange à proportion égale. Il faut donc autant de :

  • Citrate d’ammonium ferrique, que de
  • Ferricyanure de potassium.

Ce mélange est photosensible. C’est-à-dire qu’il réagit aux UV. Donc quand on le travaille, il faut le faire dans une pièce sans lumière naturelle.

En revanche, niveau quantité, pas besoin de beaucoup. Utilisez une petite coupelle et des pipettes. Nous avec cette quantité, on a pu peindre 2 feuilles A4. Ça suffit bien pour commencer.

Ninon avait déjà des feuilles en stock qu’elle avait peint la veille. C’était très pratique, et ça nous a permis de commencer nos expérimentations pendant que nos feuilles séchaient.

Mais avant de vous expliquer à la partie “créativité”, je termine les conseils et astuces de la partie papier.

  • Il faut du papier avec un grammage important, qui supportera le passage sous l’eau, du type papier aquarelle à 300gr.
  • Le grain du papier peut aussi être intéressant pour varier les rendus mais pas besoin de se prendre la tête avec ça au début.
  • On travaille dans une pièce sans lumière naturelle (les lampes, c’est oki). Donc on ferme les volets au max pour ne pas que les UV s’infiltrent dans la pièce.
  • On utilise toujours le même pinceau pour ne pas en abimer 36 et ensuite, on peint la feuille avec le mélange pour cyanotype.
  • On n’est pas obligé de recouvrir TOUTE la surface de la feuille, on peut s’amuser à n’en recouvrir qu’une partie.
  • On fait sécher la feuille, toujours dans le noir (enfin, sans UV) minimum une heure.
  • Techniquement, c’est plutôt malin de préparer plein de feuilles et de ne les sortir que quand on en a besoin, en les rangeant bien à l’abri de la lumière entre deux.

Et voilà en gros. En gros, faut imbiber le papier avec le produit dans le noir et attendre que ça sèche avant de l’exposer au soleil.

Partie artistique

Une fois que tu as ton papier imbibé, c’est à ta créativité de s’exprimer. J’ai sorti pour ma part les feuilles que je fais sécher depuis quelques mois. Et avec MHF, on s’est amusées à agencer cette végétation sur nos A4.

Une fois qu’on est content de notre mise en scène, vient le moment de l’exposition aux UV. Ninon a posé une vitre par-dessus nos futures œuvres, qu’elle a maintenu ainsi en sandwich, histoire de bien plaquer les végétaux sur la feuille.

Et là, la seule chose à faire c’est d’attendre. Si le soleil est au zénith, ça va vite (10 minutes). Si le ciel est couvert, forcément, il y a moins d’UV et donc ça va prendre plus de temps. Si vous êtes à la neige et qu’il fait beau, la réverbération aidera aussi.

Le produit sec est plutôt bleu et il vire au vert quand il est cuit par les UV. Mais bon, le niveau d’insolation, tu le sais surtout avec l’expérience.

Partie rinçage

On aurait pu croire que la couleur bleue allait apparaitre au soleil. Et bien non ! Que nenni !

Elle apparait quand on “rince” le papier du produit. On met la feuille sous un filet d’eau ou dans une bassine et on remue pour diluer la solution chimique.

J’ai filmé ce moment pour que vous voyez le changement de couleur.

C’est beau non ?

Varier les techniques de Cyanotype

Souvent quand on parle de cyanotype, on imagine des plantes séchées. Et d’ailleurs, je crois que c’est une technique qui servait aux botanistes du 19ème siècle pour cataloguer les espèces végétales.

Mais on peut évidemment s’amuser autrement. L’idée est d’occulter des surfaces, donc on peut mettre des objets plus ou moins transparents, on peut dessiner sur des feuilles transparentes, on peut utiliser des négatifs ou imprimer des photos sur du papier plastique…

Par exemple, ici SiloëJolieFée a décalqué des dessins sur un transparent et a posé ce dernier sur sa feuille imbibée. Et hop… C’est sympa car non seulement on peut faire des trucs plus fins mais en plus, on peut reproduire son travail à l’infini…

Ici j’ai imprimé une photo sur une feuille plastique. Je l’ai laissé dans ses couleurs normales, alors le foncé devient blanc. Si j’avais voulu, j’aurais pu travailler ma photo pour la transformer en négatif et là, les couleurs auraient été inversées.

Ça ne rend pas bien à la photo mais les détails sont super nets !

Quant aux fleurs, on doit pouvoir s’amuser avec différents temps d’exposition, rajouter ou retirer des éléments en cours d’insolation par exemple. Je n’ai pas testé encore.

Je suppose aussi qu’on peut améliorer aussi le soin qu’on met à choisir et sécher ses plantes pour un rendu encore plus fou.

Bref, j’ai adoré cet atelier cyanotype. Et j’ai hâte de m’y remettre. Je vais bosser un peu la technique et ensuite, j’en organiserai à la maison, pour que vous puissiez vous amuser avec moi ! Vous seriez partants ?

 

33 Commentaires

  • J’aime beaucoup cette activité, j’en avais vu un aperçu une fois il y a longtemps, et cela m’avait tapé dans l’œil. Je trouve ça super de nous faire profiter de sa réalisation, j’en rêvais !
    Ma fille allant habiter en région parisienne cette rentrée, je pense en profiter pour avoir enfin l’occasion de participer à un atelier (celui-ci m’intéresserait vraiment !) et te rencontrer par la même occasion (je te suis depuis presque le début de ton blog je crois). J’ai hâte;)

  • Oh oui je suis partante ! Tu peux compter sur moi car j’ai vraiment envie de refaire un atelier avec toi et avec mon amie et cette technique je ne connais pas du tout, donc envie de découvrir !

    • Whaaa je suis conquise et le temps que mon kit arrive je vais trouver le temps long maintenant… Je vais donc avoir bientôt l’occasion d’essayer dans mon coin mais ce serait avec un immense plaisir que je me joindrai à un atelier jusque chez toi. Un certain virus m’avait fait annuler la laine cardée mais j’ai toujours espoir de participer à quelque chose animé par toi. En tout cas super article qui donne envie. Et c’est rigolo la façon dont Ninon est arrivée chez toi

  • C’est magique! Ça me rappelle quand j’étais petite et que mon papa développait lui-même ses photos noir-et-blanc dans son labo-photo! J’adorerais participer à ce genre d’atelier avec toi, mais le trajet est un peu trop long d’Orléans à chez toi…

  • excellente synchronicité, justement je viens de recevoir un premier kit de cyanotypie pour me lancer dans ce projet…
    tes explications sont parfaites, yapluka laisser parler la créativité!

  • C’est super chouette! Le rendu de la photo est top.
    Ça me fait penser à cette encore Inkodye qui fait le même résultat et s’applique sur du tissu!

  • Oh oui je suis partante ! Je ne connaissais pas et , drôle de hasard, ma collègue m’en a parlé il y a deux jours ! C’est rigolo le hasard.

  • Ça rend super bien ! Petite question : comment fais-tu pour imprimer sur du papier plastique ? Quelles feuilles utilises-tu car chez moi (avec une imprimante normale), ça ne marche pas… 🙁

  • Oui !! Merci pour ce super article. Mega partante. Mes essais chez moi n’ont pas été fantastiques mais j’adore l’idée et j’ai envie de m’améliorer

  • Fantastique!!! et toujours aussi déçue d’être si loin et de ne pouvoir participer à un atelier… Mais hâte de voir ce que tu créeras avec les participants . ça a l’air tellement plein de possibilités! et le rendu est si beau!

  • J’ai découvert cet art dans l’émission “silence ça pousse” sans en connaître véritablement la technique, c’est plus clair maintenant !.. Merci pour ce partage, ça donne envie😊

  • Ah pendant tout l’article, je me disais que j’allais devoir trouver un kit, que ça avait l’air cool, mais un peu galère en même temps 😅 bref autant dire que tes deux dernières phrases me réjouissent fort, très partante pour un atelier sur le sujet !!
    Le résultat est vraiment beau en tout cas, et le champs des possibles semble bien plus grand qu’on le pense au départ (juste des compo florales)!

  • Bonjour Cécile,
    pour la photo que tu as imprimée sur un transparent plastique tu es partie d’un négatif de photo argentique en noir et blanc ? J’ai acheté les bouteilles de produits à mélanger mais j’hésite encore à me lancer. Merci d’avance.
    Bien amicalement. Martine

  • Merci pour ce partage car je ne connaissais pas du tout cette technique. Le rendu est incroyable, notamment pour la photo. Ça donne envie d’essayer.

  • C’est très sympa comme méthode, les ingrédients de départ pour préparer la feuille sont-ils facilement “trouvables” ?
    je ne voyais que cela avec des feuilles mais tu ouvres des possibles avec les transparents, super rendu.

  • Bonjour, c’est Génial ça me fait rêver ! Pour un atelier chez toi, ce serait super mais étant en Bretagne, ça fait un peu loin. Dommage !
    Je vais peut être m’y aventurer seule car tes explications sont claires. Toutefois j’ai une question, au moment du rinçage à grande eau….est ce que ça ne risque pas de voir le papier se déchirer, gondoler ou s’abimer ? (le papier aquarelle humidifié gondole). Merci pour ce partage 🙂 Bonne continuation.

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