Ah ces injonctions faites aux femmes, si dur de s'en défaire

La balançoire de la représentation sociale

Les injonctions faites aux femmes, quel vaste sujet. Je ne sais pas à quel moment de notre vie on commence à se détacher du regard des autres, en tout cas en partie. A quel moment on prend conscience que l’avis des gens, c’est la vie des gens ? Que vouloir plaire à tout prix a un prix bien trop excessif sur notre santé mentale.

Chez moi, ça fait un sacré bout de temps que je me cure le nez de savoir ce que les gens pensent de mes habits, de ma façon de marcher ou même de chanter dans la rue. Ma garde robe ressemble à un arc-en-ciel et je ricane en pensant à l’ado que j’étais, qui serait sans doute navrée de voir que je m’habille comme mes tantes à l’époque. Sur un large spectre, je me suis débarrassée de cette pression sociale qui juge mes vêtements, ma posture, mes poils, ma taille.

Suis-je libérée des codes pour autant ? Pas du tout.

injonctions faites aux femmes

A plus d’un titre, je reste extrêmement conditionnée. Je voudrais rentrer dans le moule actuel, perdre du poids, avoir une jolie peau, un corps finement musclé, un unique menton (au lieu de cette généreuse profusion )… Les injonctions faites aux femmes sont si nombreuses et si puissantes. Faut être lisse (pas de poil, pas de ride), jeune, manger sainement, être une partenaire sexuelle exceptionnelle et toujours partante, aimer son rôle de mère et ses enfants plus que soi, travailler pour être indépendante mais pas trop, serviable, souriante, attentive, ne pas se mettre en colère et surtout ne pas penser.

Le cahier des charges est impossible à tenir.

C’est étrange cette balance entre la théorie (ce que tu es suffit) et la pratique (oui, oui, mais je m’aimerais plus si j’étais ceci, si j’avais cela, si…). Je suis capable de porter à peu-près n’importe quelle fringue ou accessoire déjanté, avoir des cheveux bleus ou blancs, mais j’offrirais beaucoup pour l’apaisement d’un corps normé. C’est fou. Surtout quand, comme moi, je travaille à la déconstruction de mes croyances depuis longtemps, je lutte contre les injonctions patriarcales et j’aime tellement le corps imparfait des autres.

Je sais qu’il suffit que je m’accepte et que je m’aime telle que je suis. Mais je n’y arrive pas toujours. Et même ça, c’est culpabilisant. Pas facile hein…

Je sais que je ne suis pas la seule. On est combien dans ce bateau bancal ? Toutes non ?

 

5 Commentaires

  • Non, ce n’est pas simple.
    J’essaie de changer (dans ma tête) l’impératif du corps idéal en recherche du corps qui me permet de progresser dans mes activités sportives. C’est peu ou prou la même norme, mais le juge de paix n’est plus le miroir, la balance ou le regard des autres, mais ce que j’arrive à faire (ou pas) sur un tapis de gym, un vélo ou une planche à voile, peu importe. La spirale est plus vertueuse, car le physique n’est qu’une composante de la progression ; et on admet plus facilement qu’il n’y a pas un idéal à atteindre, mais une progression continue, lente et faite d’aller-retour.
    Mais bon… J’aimerais bien re-rentrer dans ce pantalon, aussi 😉

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